Exigences par rapport à l'évaluation
Savoir et pouvoir, Les compétences en questions
Jacques Aubret, Patrick Gilbert, Frédérique Pigeyre
Diane Ries - Fiche 19


"L'imbrication des trois niveaux présentés par les procédures, le processus et le système de gestion des ressources humaines nous conduit à poser trois catégories d'exigences: exigence de 'validités' pour ce qui concerne les processus, exigences de 'cohérence'entre tous les éléments qui interagissent dans la structuration et le fonctionnement du processus, exigences de 'pertinence' pour ce qui relève de l'adaptation du processus au contexte et à la demande du système de gestion.

  • Exigences de validité: dans son sens classique. la validité d'une procédure d'évaluation est fonction du degré d'adéquation entre les qualités ou capacités déclarées concernant cette procédure (un test par exemple) et les observations et interférences qu'elle permet de faire. On distingue plusieurs types de validité: a) la validité de contenu exprime le degré de correspondance entre le contenu des observations ou des mesures effectuées au moyen d'une procédure et le contenu des tâches, des situations, des programmes sur lesquels portent l'évaluation; b) la validité de construction reflète l'accord constaté entre les observations effectuées grâce à la procédure et les hypothèses qui ont gouverné sa mise au point; c) les validités diagnostique et pronostique sont fonction du degré de fiabilité de la procédure. Les associations statistiques ou qualitatives établies entre les informations apportées par l'application de la procédure et des caractéristiques actuelles ou futures des individus sur des groupes expérimentaux fondent les utilisations de la procédure dans des jugements diagnostiques et pronostiques. En outre, des exigences de fidélité conditionnent en amont la satisfaction des critères de validité. Les observables, sur lesquels se fonde l'évaluation des compétences, et les règles d'inférence et d'interprétation autorisées par la procédure doivent être tels que des observateurs différents, placés dans les mêmes conditions d'observation, aient de fortes chances de s'accorder sur leur perception des faits, leur compréhension de la situation et leurs jugements.
  • Exigences de 'cohérence' entre tous les éléments qui interagissent dans la structuration et le fonctionnement du processus: cohérence entre évaluateurs et procédures, entre procédures et visée, entre évaluateurs et visée, entre procédures et objets d'évaluation, entre objets d'évaluation et visée. (...) Concrètement l'évaluation de la cohérence sera faite le plus souvent par la recherche des éléments de contradiction susceptibles d'affecter l'organisation ou le déroulement du processus. (...).
  • Exigences de 'pertinence' par rapport au contexte et à la demande: il s'agit essentiellement de l'utilité des informations transmises, de leur capacité, et de leur acceptabilité sociale et de leur intelligibilité. Autrement dit, un message aura d'autant plus de chances d'être entendu et reçu par le décideur qu'il correspondra à une demande clairement identifiée par l'évaluateur et qu'il est formulé en des termes reconnaissables par le décideur. La 'pertinence' de l'évaluation dépend donc conjointement des décideurs (dans la formulation de la demande) et des évaluateurs (dans l'analyse de la demande et dans l'élaboration de la réponse sur des évaluations cohérentes).