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Notion de compétence en sociologie Savoir et pouvoir, Les compétences en questions Jacques Aubret, Patrick Gilbert, Frédérique Pigeyre Diane RIES - Fiche 7
J. Merchiers et P. Pharo ont étudié le problème de la reconnaissance de la compétence. Ils ont identifié deux aspects essentiels de la compétence:
"un aspect normatif, qui prend en compte les conditions de succès, si l'on admet de considérer la compétence comme le 'corrélat de l'activité efficace mené avec succès', un aspect cognitif prenant en compte les connaissances nécessaires mises en oeuvre dans une activité donnée."
Ils "proposent un modèle sociologique de la compétence s'appuyant sur deux idées centrales:
La compétence 'est mise en oeuvre dans des dispositifs sociaux et c'est le regard normatif sur cette mise en oeuvre qui reconnaît la compétence de l'individu'. Cela explique alors 'l'aspect interactif, normatif et rétrospectif du jugement de compétence'. 'Cette reconnaissance suppose la disposition par l'individu de connaissances qu'il possède de façon propre (privée) et qui lui permettent d'obtenir des résultats'. Ainsi pour J. Merchiers et P. Pharo, c'est le succès public qui conditionne la réalité de la compétence: il ne peut y avoir compétence sans succès public, c'est-à-dire sans reconnaissance sociale.
A partir de l'analyse experte, les mêmes auteurs ont pu définir trois types de compétences:
"la compétence technique ou juridique: elle se manifeste lorsque le but prescrit est connu à l'avance, qu'il s'agisse de se conformer à une convention préalablement établie (ex. un officier d'état civil célébrant un mariage), ou d'obtenir le résultat physique préalablement souhaité (ex: un électricien réparant un circuit déficient); la compétence tactique qui est celle dont le but est décrit au cours de l'activité (ex: un débatteur politique dominant un débat agité et faisant valoir son point de vue); la compétence éthique ou esthétique, dont le but est post-décrit (ex: un peintre ou un artiste interprétant une oeuvre musicale: c'est le jugement du public a posteriori qui définit la compétence)."
"Pour résumer ces points de vue, on peut dire que la compétence n'a pas de sens en soi. Elle n'est pas un attribut de la personne. Elle ne prend sens que par rapport à une réalité singulière du procès de travail.
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