Les Conceptions de la Compétence
Savoir Faire et Compétence au travail
Marcelle STROOBANTS
Aline GERMAIN-BONNE - Fiche 2


1-W
OOD & JONES

Des traces de capacités insoupçonnées se manifestent sous trois aspects :

  • l'exécution efficace de tâches routinières demande une prise en charge partiellement inconsciente des procédures.
  • les situations de travail sollicitent des degrés variables de vigilance pour réagir adéquatement aux imprévus. Ca regroupe notamment tous les "trucs du métier" utilisés pour accroître le rendement et qui nécessitent de la présence d'esprit et de l'attention.
  • les formes de coopération demandent une évaluation des relations entre postes. Un découpeur de viande a ainsi dû apprendre à lire la spécialité en amont de la sienne pour suivre le rythme synchronisé de la chaîne.
Wood et Jones ont ainsi pu décrypter des savoirs faire insoupçonnés et des capacités qui échappent parfois aux sujets eux mêmes.


2-C
ATHERINE PEYRARD

La notion de savoir faire a dissipée le mythe de l'ouvrier "presse-bouton". L'insistance sur le savoir faire a d'abord masqué le savoir au profit du faire tout en réduisant le savoir faire à un ensemble de "ficelles de métier acquises par l'habitude te la routine".


3-Z
ARIFIAN

Selon lui, trois types de savoirs sont mobilisés (au sein d'un emploi ) :

  • savoir de procédé
  • savoir d'expertise
  • savoir de gestion

4-FRIEDMANN/REYNAUD


La qualification comprend quatre éléments :

  • la compétence technique
  • la position dans une échelle de prestige
  • la fréquence relative des qualités requises
  • la responsabilité dans la production
Ici aussi on remarque l'importance donnée aux savoirs faire et à la compétence.


5-L
A CONCORDANCE

C'est l'homologie qui existe entre un processus d'acquisition et son résultat. Par exemple, "à savoir tacite, apprentissage informel"...


6-U
N MODELE DE LA COMPETENCE

Trois dimensions alimentent ce courant de recherche :

  • la responsabilité augmenterait quantitativement et qualitativement ce qui impliquerait une implication de l'opérateur d'autant plus importante.
  • l'abstraction serait définie du point de vue du rapport au travail
  • l'interdépendance des postes de travail serait traitée sous l'angle de la coopération ou du collectif de travail.

7-TROIS REGISTRES DE CONNAISSANCE


Il existe trois registres de connaissance :

  • la connaissance individualisée (le savoir faire pratique, l'habilité et l'ingéniosité acquises sur le tas ).
  • la connaissance institutionnelle (le savoir scolaire)
  • la connaissance socialisée (les savoirs sociaux)

8-LES STRUCTURES QUI DETERMINENT LA POLYVANCE OU LA SPECIALISATION

Il existe trois détails qui témoignent de la propension à interpréter en termes psycho-biologiques les structures qui conditionnent la polyvalence ou la spécialisation :

  • Le Capital de Marx et le passage sur l'individu intégral, le texte original ne fait pas la moindre allusion aux capacités mais bien à des modalités d'activités différentes.
  • Friedmann et Reynaud abordent les qualités requises en terme d'aptitudes innées ou de capacités acquises.
  • Naville, quant à lui, est peu disposé à fonder la division du travail sur les aptitudes personnelles. Pour Naville, les aptitudes sont dérivées des besoins et non l'inverse.

9-L'HYPOTHESE DE LA COMPARAISON DES ENTREPRISES SELON LEURS MODELES ORGANISATIONNELS

A partir de toutes ces théories, de tous ces auteurs ..., une hypothèse émerge : la notion de polyvalence permet-elle d'établir des points de comparaison entre des branches aussi différentes que la chimie, le bâtiment ou la mécanique?
On distingue deux formes d'industries :

  • une industrie de propriété ou de process où le rythme de production ne dépend pas du rythme de travail.
  • une industrie de forme où le rythme de travail règle le rythme de production et donc le volume de production.
Selon notre hypothèse (et en l'élargissant), l'organisation du travail prendra des destinées différentes selon qu'elle se situe dans l'une ou l'autre entreprise. Dans les premières, le travail sera organisé en une série de postes parcellisés et répétitifs (modèle Taylorien Fordien), dans les autres, les opérateurs pas physiquement attachés à un poste intégrent une organisation du travail basée sur la polyvalence.
Est ce la nature de la transformation opérée qui permet de distinguer ces deux types d'industries, ou bien la manière dont cette transformation se déroule (forme physique d'une part donc transformation "humaine", réactions physico-chimiques d'autre part donc transformation "naturelle").
Deux polyvalences à ce sujet existent : la polyvalence verticale qui offre des possibilités aux ouvriers d'effectuer toutes les tâches correspondant à une fonction technique de l'ouvrage.
Une polyvalence horizontale où les ouvriers sont aptes à réaliser plusieurs fonctions techniques.
Pour conclure sur ce point, on peut établir un schéma classant process chimique, chaîne fordienne, chantier, et automation flexible selon deux critères :
  • Production de masse ou production à la commande
  • Atelier taylorisé ou automatisation
La chaîne fordienne correspond ainsi à une production de masse ainsi qu'à un atelier taylorisé.

10-GERWING & LEUNG

Ces deux auteurs ont établi six formes de flexibilité qui sont les suivantes :

  • la diversification instantanée : la possibilité de fabriquer simultanément une gamme de pièces apparentées.
  • la diversification successive : la possibilité d'ajouter ou de retrancher une pièce du processus.
  • la flexibilité de routage : en cas de panne d'une machine, la possibilité de diriger la pièce sur une autre machine.
  • l'adaptabilité à la conception : la possibilité d'appliquer rapidement les modifications de conception d'une pièce particulière.
  • la flexibilité de volume.
  • la flexibilité de produit.

11-LA COMPETENCE POLYVALENTE

Elle est définie par trois critères de certification :

  • l'auto contrôle et la maintenance préventive correspondent à une intégration partielle des tâches d'entretien et de contrôle de la qualité à celles de fabrication.
  • un critère de gestion : respect des normes de production
  • la polyvalence se définie en termes de mobilité par rapport aux postes ou aux machines d'une même zone ou d'un même atelier

12-LES NOUVELLES FORMES DE COMPETENCE

Elles s'expriment au travers d'un vocabulaire cognitiviste tel que "la capacité à résoudre des problèmes", "la capacité d'apprendre à apprendre", "l'aptitude à la pensée holistique"
Ces auteurs au travers des notions aussi importantes que celles de la polyvalence ou de la flexibilité ont développé la notion de compétence au travail.