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L'évolution de la notion de Compétence Savoir Faire et Compétence au travail Marcelle STROOBANTS Aline GERMAIN-BONNE - Fiche 1
1-TAYLOR
Le modèle élaboré par Taylor a connu deux visions :
D'une part, le modèle est considéré comme progrès social, en tant que vulgarisateur des connaissances industrielles. D'autre part, il est conçu comme modèle de domination engendrant au travers de la division du travail une perte des savoirs faire.
En 1970, c'est l'ére de la confiscation des savoirs faire avec l'idée suivante : le système dépouille les hommes de leur savoir.
2-LES ANNÉES 1980
L'idée régnante dans les années 1970 selon laquelle les hommes sont dépouillés de leur savoir est remise en question à plusieurs niveaux :
elle est réfutée par l'accroissement des savoirs faire elle est reconsidérée, de nouveaux savoirs étant mobilisés dans la production elle est évincée par de multiples représentations de la compétence.
Les signes avant coureur de connaissance sont enregistrés dans des industries qui n'utilisent pas le travail à la chaîne, d'où l'hypothèse suivante : est ce le modèle d'organisation qui influe sur les savoirs faire?. Dans les années 1980, la connaissance est sollicitée pour traiter du travail sans faire véritablement l'objet de définitions précises. La formule "savoirs et savoirs faire" présente un exemple d'imprécision. On distingue alors trois formes de connaissance :
l'habilité. L'orientation est mise sur l'expérience acquise sur le tas et récuse l'efficacité taylorienne, c'est la "revanche des savoirs faire". le savoir avec l'idée d'une mobilisation des compétences. les qualités du comportement où l'acteur ne se réduit pas aux composantes objectives de la tâche mais tient aussi à la manière de se représenter ses compétences.
Désormais, les firmes et les entreprises sont conscientes des ressources de leur personnel et les théories de déqualification des travailleurs et de dévalorisation du travail ne sont plus de mise.
3-LES NFOT : NOUVELLES FORMES D'ORGANISATION AU TRAVAIL.
Les unités changent : ce n'est plus à l'échelle du poste que les opérations sont découpées mais à l'échelle d'un "îlot". De même, ce n'est plus à un individu que les cadences sont imposées mais à un groupe de travailleurs et ce n'est plus en termes de gestes élémentaires que les temps sont définis mais en nombre de pièces. Selon Coriat, le travail recomposé, comme il le nomme, ne correspond en rien à un métier...il s'agit bien d'un ensemble recomposé de gestes d'abord éclatés. "L'ouvrier assigné à ces postes nouveaux ne peut se prévaloir d'une qualification socialement reconnue". L'hypothèse est alors émise par plusieurs auteurs : la qualification sociale prendrait-elle le pas sur la qualification technique ( savoir faire )?.Existe -t-il une manière de qualifier le savoir faire qui ne soit pas sociale?
4- ET LA ROBOTIQUE?
La robotique et son intensification dans de nombreux secteurs entraînent bien évidemment la thèse de la confiscation des savoirs faire. Le point de vue de l'intelligence artificielle développe les idées suivantes :
une orientation pragmatique : l'élaboration des programmes intelligents ne repose plus sur une approche déductive mais inductive. un objet spécialisé : les ambitions généralistes se sont réduites à l'approche des problèmes particuliers avec des procédures ad hoc. un traitement compréhensif : la manière de poser un problème (interprétation, diagnostic ) intervient explicitement dans sa résolution.
Cependant, les déconvenues successives du programme de l'intelligence artificielle ont donc progressivement reconstitué et raffermi le triptyque savoir/savoir faire/savoir être(savoirs sociaux).
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