Que fait une entreprise en phase de restructuration ?
Le reclassement collectif des salariés
Christian Ménard
Nathalie Corcy - Fiche 2


1 V
OUS AVEZ DIT... RESTRUCTURATION?


Il est important de distinguer le dépôt de bilan de la restructuration. En effet, dans le premier cas, l'entreprise ferme définitivement ses portes, licencie tout son personnel, et liquide son patrimoine mobilier et immobilier. Dans la seconde hypothèse, l'entreprise a vocation à perdurer, mais elle a pris conscience que sa réussite passait nécessairement par une modernisation de son appareil de production et une suppression d'effectif.
L'entreprise doit penser au redéploiement, et, pour ce faire, elle doit éviter certains écueils :

  • que la morosité ne se répande sur l'ensemble des salariés.
Cette situation est d'autant plus délicate à traiter que le personnel qui restera en place sera particulièrement découragé et se dira: à quand mon tour? Il faudra donc élaborer toute une politique de remotivation (opération délicate quand on sait le temps et le travail dispensés en de pareils moments) et d'implication des salariés tournés vers l'avenir.
  • il existe un autre dysfonctionnement qu'il faudra traiter, c'est la séparation opérée entre personnel d'exécution et encadrement,
Car ce dernier profitera de plus de propositions de mutations, d'un réseau de relations, et il est mieux indemnisé. Ce fossé va renforcer chez le salarié de base cette impression amère d'exploitation et d'injustice que lui a donné le licenciement.
  • l'entreprise doit éviter d'être confrontée à une grève, qui, dans une période aussi sensible, pourrait mettre fin à tout espoir de survie dans l'entreprise.
  • l'entreprise devra faire attention à ce que la restructuration n'entraîne pas une baisse de productivité, et une augmentation des défauts de qualité qui pourraient ternir vis à vis des partenaires et du client potentiel, une image déjà bien affectée par la restructuration.

Par ailleurs, outre les efforts que l'entreprise devra déployer pour se redonner un "coup de fouet", de la politique qu'elle adoptera pour finaliser son plan social dépendra sa réussite. En effet, elle pourra osciller entre deux comportements :

  • le comportement pur et dur, c'est le cas dans lequel on ne reculera plus une fois que l'on s'est engagé.
  • le style participatif où l'encadrement sera directement associé à l'élaboration et à la mise en place du plan social.

2 LA RESTRUCTURATION COMME TOURNANT VERS L'AVENIR.


En amont du plan social, l'entreprise doit se donner le temps de réfléchir en termes économiques pour qu'il y ait un véritable redéploiement, elle s'attachera donc à faire une étude prévisionnelle :

  • de l'évolution des métiers qui nécessitent l'acquisition de nouvelles qualifications.
  • de l'adaptation à la concurrence.
  • de la cohérence avec le marché, ce qui entraînera l'abandon de certains produits, des changements de conditionnement, des déplacements d'activité.
  • d'une refonte de l'organigramme, car c'est le moment de rajeunir  et de reconfigurer l'entreprise.